Statement
Déclaration officielle de l'ADAFP sur les manifestations anti-immigration et les attaques contre les ressortissants africains en Afrique du Sud
Issued May 1, 2026
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
DATE : 1er mai 2026
Déclaration officielle de l'ADAFP sur les manifestations anti-immigration et les attaques contre les ressortissants africains en Afrique du Sud
L'Alliance Démocratique Africaine pour la Liberté et le Progrès (ADAFP) exprime sa profonde déception face à l'intensification des manifestations anti-immigration et des attaques visant des ressortissants africains en Afrique du Sud, et appelle à la cessation immédiate de ces attaques.
En tant qu'organisation continentale, fondée sur les idéaux de liberté individuelle, de justice sociale et de panafricanisme, nous considérons ces actes comme une atteinte directe au fondement même de l'unité africaine, à la valeur intemporelle de l'Ubuntu, et à notre marche collective vers « l'Afrique que nous voulons », telle qu'énoncée dans l'Agenda 2063 de l'UA.
Bien que l'ADAFP ne soit pas indifférente aux courants sous-jacents tels que les taux élevés de chômage chez les jeunes sud-africains, l'augmentation de la criminalité et la pression exercée sur les services publics, faire porter la responsabilité aux ressortissants africains exerçant une activité légitime en Afrique du Sud demeure indéfendable.
Il est communément admis que lorsque les économies échouent à répondre aux attentes des citoyens, le migrant économique étranger devient un bouc émissaire tout trouvé. Les effets dévastateurs de l'Aliens Compliance Order du Ghana de 1969 et de l'ordonnance présidentielle du Président Shehu Shagari du Nigeria de 1983, qui a contraint plus de deux millions de migrants sans papiers à quitter le Nigeria, demeurent des leçons durables devant guider l'Afrique du Sud.
À cet effet, l'ADAFP appelle aux actions immédiates suivantes :
Action étatique déterminante : Nous exhortons le Président Cyril Ramaphosa et le gouvernement sud-africain à dépasser la rhétorique pour aller vers l'application effective de la loi, afin que les instigateurs des attaques violentes contre d'autres Africains soient traduits en justice.
Protection de tous les résidents : L'Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, comme le consacre sa Constitution. L'État doit honorer son devoir sacré de protéger la vie et les biens de tous ses habitants, quel que soit leur pays d'origine, tandis que les réformes nécessaires pour combler les disparités économiques doivent être mises en œuvre avec un sentiment d'urgence afin de guérir la mentalité de pénurie alimentant ces attaques.
Respect de la migration légale et de l'État de droit : L'Afrique du Sud doit rester ferme sur les voies légales de migration. Tout en condamnant tous les actes de violence xénophobe, nous affirmons également que l'Afrique du Sud a le droit et le devoir de faire appliquer ses lois sur l'immigration sans préjugé ni manipulation politique. Toute personne entrant, résidant ou exerçant une activité sur son territoire doit le faire conformément à la loi, comme cela serait exigé dans toute autre juridiction.
Faire respecter ces lois de manière équitable et cohérente renforce la confiance du public, dissuade les abus des systèmes en place, et permet de distinguer les migrants légitimes de ceux qui se situent hors des cadres légaux.
La réponse au désordre ne réside pas dans l'ouverture des frontières ou la violence des justiciers, mais dans une application de la loi légale, transparente et humaine.
Un changement de rhétorique politique : Nous condamnons également la « normalisation de l'hostilité » utilisée par certains acteurs politiques pour faire des migrants les boucs émissaires des défaillances systémiques en matière de prestation de services et d'opportunités économiques. Le véritable progrès exige de s'attaquer à la corruption et aux inégalités. Il ne saurait résulter d'attaques contre d'autres Africains.
Renouveau de l'Ubuntu : Nous appelons les citoyens de l'Afrique du Sud à redécouvrir l'esprit de l'Ubuntu, la compréhension fondamentale selon laquelle notre humanité est indissociablement liée les uns aux autres.
Renforcement du commerce intra-africain et des voies de migration légale :
Au-delà des réponses immédiates, nous devons nous attaquer aux causes profondes du sentiment anti-immigré en bâtissant un continent véritablement intégré. L'ADAFP appelle tous les États membres de l'UA à accélérer la mise en œuvre intégrale de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), y compris ses dispositions essentielles relatives aux visas, à l'harmonisation monétaire et aux questions migratoires. Un continent où les Africains peuvent circuler, commercer et travailler légalement et librement à travers les frontières réduira le désespoir qui alimente la xénophobie et créera une prospérité partagée.
L'Afrique se trouve à un carrefour. Nous ne pouvons bâtir un continent prospère, intégré et « sans frontières » dans le cadre de l'Agenda 2063 si nous laissons les défis socio-économiques actuels compromettre notre avenir commun. L'ADAFP demeure attachée à une « Troisième Voie » de gouvernance, qui substitue l'exclusion par l'opportunité et la haine par le progrès.
Signé,
Le Comité exécutif
Alliance Démocratique Africaine pour la Liberté et le Progrès (ADAFP)
Courriel : office@adafp.org
Site web : www.adafp.org
WhatsApp : 231886510479
Countries: South Africa
Regions: Southern Africa
Topics: Human Rights, Security